Une école pas comme les autres

Article : Une école pas comme les autres
19 janvier 2014

Une école pas comme les autres


Deux grandes réformes ont vu le jour dans l’espace éducatif Burundais aussi bien dans l’enseignement supérieur que primaire. Les études supérieures ont pris la forme LMD  (Licence, Master et Doctorat), l’école primaire est passée de 6 ans à 9 ans en adoptant pour qualificatif « Fondamentale ». Aujourd’hui on parle de l’école fondamentale pour designer l’ancienne école primaire.

Certaines personnalités avaient salué ces mesures pendant que d’autres les avaient fustigées parce qu’il n’était pas temps. Pour certains esprits avisés, l’insuffisance des moyens plaidait plutôt pour un renvoi (aux calendes grecques ?) parce que notre pays est très pauvre et ce depuis 1962, année de l’indépendance. D’ailleurs la pauvreté c’est notre marque de richesse si je m’en remets encore aux propos de nos dirigeants. Il fallait construire de nouvelles salles de classe.

Et moi dans cela ? Rien. Je n’avais ni critique, ni éloge pour ces réformes. Je suis le peuple donc je subis. Je ne suis pas l’inventeur de « parfois les images parlent un peu plus que les mots ». Il suffit  alors de voir de vous-même les images qui suivront pour comprendre le pourquoi de ce billet et prenez votre temps.

Dans la commune de Musaga près du lycée municipal, à la première avenue, se trouve une école primaire ou fondamentale aujourd’hui et dont le nom m’échappe encore. Peu importe. Il y a un temps, par amour pour les belles images que nous offre le pays, j’avais voulu raconter cette première année fondamentale de l’école fondamentale sur ce blog. L’école m’avait intrigué et non pas pour son architecture mais plus que cela, la concentration des écoliers. A voir cette image ci-dessous vous vous poserez surement la même question que moi.

Ecole fondamentale

 Un mois après la rentrée scolaire donc au mois d’octobre voici ce qu’elle était.

Comment peut-on étudier dans de telles conditions ? Un massacre collectif pour une partie de l’avenir de demain, la jeunesse. L’extérieur s’offre directement à l’écolier d’où il apprend à reconnaître les klaxons de toutes les marques de voitures plutôt de d’entendre la jolie voix de sa maîtresse. La concentration devient difficile dans ce vacarme. J’allais vous épargner du décor de la scène. Mais il y a ceux qui ne connaissent pas la première avenue de Musaga. Voici comment se présente le décor :

La première avenue de Musaga est pratiquement dernier arrêt bus partant de Musaga vers le centre-ville. Trois, voire parfois quatre bus peuvent attendre quelques grosses minutes remplir au moins la moitié des places vides du véhicule sans clients. Si une personne habillée en dimanche pointe son nez, c’est la bagarre générale. Un potentiel client qu’il faut à tout prix qu’un convoyeur l’intéresse à monter dans son bus  » iyi ni salo  » ou encore  » umuntu umwe gusa » alors qu’il y a encore 15 places vides. Le client coincé entre trois convoyeurs ne sait plus quel bus prendre. Un le tirant par la main gauche et un autre s’occupant la droite mais le troisième a l’important avec lui, le sac en main ou le panier. Une scène à laquelle il faut absolument assister.

À côté de cette école il y a aussi un débit de boisson et en face un studio de copiage des musiques et films. Le pire est que l’école n’est pas clôturée et elle est au bord de la route à 5 m d’une des routes les plus dangereuses. Je me passe d’une possibilité d’accident de roulage qui verra un ivrogne ou pas venir percuter une classe de cette école.

Une solution a été trouvée pour ces fenêtre il fallait juste… Ça se passe sans commentaire, trois mois plus tard les images ont encore à nous raconter ! 

Ecole fondamentale

Je sais qu’il y a pire que ça ailleurs dans ce cher Burundi mais celle-ci a eu le malheur d’être plus près de moi et à la fois visible sans avoir à gravir ses milliers de collines. Ces images ont été prises en cachette avec mon téléphone dans un bus. J’adore mon pays qui protège et éduque ses filles et fils gratuitement et fondamentalement aussi.

 

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