Là où le Père Noël ne passera pas

Article : Là où le Père Noël ne passera pas
24 décembre 2014

Là où le Père Noël ne passera pas

Dans ce petit coin du monde, le Père Noël ne foulera pas le sol. Aurait-il peur que ses rennes finissent grillés par le feu qui couvre la ville. Aurait-il aussi peur qu’on ne lui ôte la vie dans cette région où tuer est un acte du quotidien ?

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Ce n’est pas le bout du monde et pourtant le Père Noël, tout comme la joie et la gaieté, semble être parti pour l’éternité. Les rues de la désolation sur lesquelles les enfants assistent tristement à des cérémonies funèbres incessantes portent les fruits du malheur. L’enterrement d’un père, d’un frère, d’une sœur ou d’une mère, le viol d’un nourrisson ou d’une vieille dame font partie de la vie de la ville. Tout est en ruine. Les bombes passent par là. Les fils du diable y résident-ils ?

Les familles décimées qui attendent madame Justice agonisante souffrant de la corruption et du cancer du favoritisme, n’ont plus qu’un espoir : la réanimer par les prières. Et Dieu entend-il leurs prières ? Le météorologue de la place avait annoncé des nuages chargés de sang. Et que les vents violents accentués par les cris de détresse empêcheraient, avec la complicité de la couche d’ozone, les prières de monter droit vers les cieux.

Orphelins dès leur naissance,même le sourire ne semble plus faire escale sur leur visage, laissant place permanente à l’amertume et aux torrents de larmes qui coulent sur leurs joues. « La vie n’est qu’une mort occupée à faire le ménage ailleurs, il reviendra vers nous », disait l’intellectuel de la ville abattu par une hache un soir de réveillon. Il était d’ailleurs écrit sur son cœur ouvert : « Voici celui qui aurait pu vous sauver. »

En écrivant ces mots, je pense aux petits chrétiens syriens et irakiens persécutés aujourd’hui. Je pense à ces enfants de Beni en RDC qui vivent la peur au ventre. Je pense à ces enfants du Nigeria otages des inconscients. Je pense également à ces petits Pakistanais tués récemment. Ma pensée va aussi aux petits Palestiniens qui naissent et grandissent dans un environnement de violence et de haine. Je pense à tous les enfants du monde qui se retrouvent dans des camps de réfugiés, de déplacés ou dans les prisons. Ils ne liront pas ce billet, mais quand nous dévorerons la cuisse du poulet de Noël, pensons à eux. Ils ne sont pas responsables de ce qu’ils vivent.

 

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Commentaires

Nelson
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Ouais c'est vraiment important de rappeler à tous, que ces enfants, eux aussi attendent un jour que le père Noël apporte la paix et le vrai amour dans le coeur des hommes.

Alain Amrah Horutanga
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C'est vraiment important pour l'humanité, mon frère.

Aboudramane koné
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OH Alain soit sûr qu'ils ont entendu l'amour que proclame ton cœur. beau billet plein d'émotions. gbès est mieux que dra..

Alain Amrah Horutanga
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Oh merci frère Koné ! J'ai un ami qui serait heureux si je lui disais ce que signifiait "Gbès est mieux que dra"

Aboudramane koné
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la verité rougit les yeux mais ne les casse pas. gbès est mieux que dra.

Alain Amrah Horutanga
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Gbès est mieux que dra, j'adopte !

marie-annick savripene
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Merci de nous avoir rappelés comment la vie humaine et en particulier celle d'un enfant, qui n'a pas demandé à venir au monde, n'a plus de valeur aujourd'hui. Nous perdons notre humanité...

Alain Amrah Horutanga
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... Doublement d'ailleurs si nous ne prenons pas conscience de tous les maux que nous infligeons à ces êtres fragiles.

Tiburce Anselme Yafondo
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Je pense aussi à ces petits enfants centrafricains qui n'ont pas eu l'occasion de célébrer cette fête depuis deux ans à cause de la barbarie des aventuriers qui ne cherchent que leurs intérêts.

Alain Amrah Horutanga
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Yes tonton, il y a beaucoup de cas. Plus on les énumère, plus on se rend compte de l'ampleur de la barbarie humaine.

ornylove
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J'ai des larmes aux yeux en lisant ce beau texte.Quelle originalitE!Quelle veritE!je pense que ceci est un message pour chaque adulte civil ou militaire.Merci alain pour ce beau texte emouvant

Alain Amrah Horutanga
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Essuies les ! Les enfants n'aiment pas voir les larmes de grandes personnes. Merci pour ton commentaire.

Josiane Kouagheu
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Comme à chaque fois devant des billets qui parlent de ces êtres qui souffrent, la vie me rappelle quelle chance nous avons de vivre dans des familles, entourés de ceux que nous aimons, et surtout, quel rôle, en tant que blogueurs, nous détenons. Je viens d'achever un reportage que j'ai fait dans des orphelinats de Douala (capitale économique du Cameroun). Sans te mentir, j'ai vu la peine des orphelins. J'ai constaté comme dans ce billet qui me fend le cœur, "Là où le père Noël ne passera pas". C'est triste. Et cette citation: « La vie n’est qu’une mort occupée à faire le ménage ailleurs, il reviendra vers nous ». Quel billet. Il est juste Alain!

Alain Amrah Horutanga
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J'ai fait la même expérience que toi dans un hôpital (pédiatrique). Il y a certains lieux quand on y met les pieds, on ressort complètement changé et assagi .

kamga
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"La vie n’est qu’une mort occupée à faire le ménage ailleurs, ... " Quelle profonde pensée! Merci Alain pour ce joli poème: Véritable hommage à tous ces "enfants privés d'enfance"! Bonne année 2015 à toi ...et à eux (malgré tout)!

Alain Amrah Horutanga
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Merci ! À toi aussi bonne année 2015

Gracia
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Bonjour , voilà alors que j'effectuais des recherches pour mon travail de français je suis tombée sur cette photo qui m'a beaucoup émue. Quelle surprise de savoir que cette photo se trouve sur un blog au nom de " Buja la vie en Rose ".

De la part d'une Burundaise

Alain Amrah Horutanga
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Merci de votre commentaire mais la photo n'est mienne. Elle m'a juste aidé à illustrer mon texte

Gracia
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Bonjour à toi. Voilà, alors que j'effectuais des recherches pour mon travail de français je suis tombée sur cette photo qui m'a premièrement beaucoup émue. Quel beau texte mais surtout quelle surprise d'arriver sur un blog au nom de "Bujumbura".

Je te salut.
De la part d'une Burundaise