Recrudescence de l’insécurité à Bujumbura : témoignages

30 octobre 2014

Recrudescence de l’insécurité à Bujumbura : témoignages

On constate aujourd’hui l’insécurité prendre des proportions inquiétantes dans certains coins du Burundi. Des témoignages rapportés par les médias locaux font état d’hommes armés en tenue militaire et policière qui commettent des exactions au grand dam de la population. Cette situation pousse certains citoyens à croire qu’il s’agirait des jeunes du Parti au pouvoir qui auraient été formés en R.D. Congo.

A Bujumbura, les cas des agressions physiques et des vols sont tous les jours rapportés et commentés sur les réseaux sociaux. Des hommes armés des machettes et couteaux, habillés en manteaux noirs, sèment la terreur dans les quartiers de Bujumbura.


Je vais apporter mon témoignage mais aussi ceux de certains de mes amis.

Si certains se font agresser généralement la nuit ou au petit matin, moi je m’étais fait agresser en fin de journée entre 17h45 et 18h00 dans le quartier de Kinindo, au sud de Bujumbura, il y a de cela trois ans. Un groupe de neuf personnes s’était approché de moi me demandant de l’argent pour s’acheter du chanvre : « tupe za ganja »*. En voulant me débarrasser d’eux avec un billet de 1000 f, ils ont sauté sur moi comme des bêtes en furies en m’assenant des coups de poing et des coups de pied. Ces bandits m’avaient pris mes téléphones et mon porte-monnaie. C’était visiblement des jeunes habitant le quartier.

Le comble est que cela s’est passé à moins de 100 mètres du poste de police du bureau communal de ladite commune. Sachant qu’ils étaient toujours au même endroit, j’ai couru jusqu’à la commune où j’ai demandé à voir l’officier de police. Il sort en me demandant ce qui n’allait pas. Je lui narre le déroulement de l’agression. A ma grande surprise, il me dit qu’il ne peut rien faire, qu’il y a toujours eu des bandits de ce côté-là et c’est là m’est arrivée à cause de mon imprudence. J’insiste en lui disant qu’ils sont toujours là et il me répond « je ne vais pas risquer ma vie, ni celle de mes hommes ». Imaginez la déception. Quelle est la mission d’un policier au Burundi?

Les amis

Pendant que j’avais encore mal aux côtes, un proche me rapportera une info comme quoi un de nos amis venait d’être poignardé et qu’il était hospitalisé. Il avait été agressé presque au même endroit que moi et vraisemblablement par le même groupe. Il avait eu la mauvaise idée de se défendre pendant qu’il se faisait dépouiller. C’était tout le malheur. Mais heureusement pour lui aucune partie vitale n’avait été touchée. Après ces deux faits, ce quartier était devenu pour moi le lieu le plus dangereux de la capitale et pourtant c’est un beau quartier apparemment paisible. Il faut se méfier des apparences.

Il y a deux semaines qu’un ami vivant en plein centre-ville, a vu surgir derrière lui un groupe de jeunes l’accusant d’être un « imbonerakure.» On l’a assaini des coups et ils lui ont pris tout ce qu’il avait comme objet de valeur. Il n’est même pas Burundais. Il revenait d’une boite de nuit.

* Donnes nous de quoi acheter du chanvre

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